Projet de production d’acier à basse émission de CO2
Plus de solutions durables
Moins d’émissions de CO2

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Q&A
Comprendre l’acier et ses enjeux climatiques
L’acier est un alliage de fer et de carbone, auquel peuvent s’ajouter d’autres éléments (manganèse, chrome, nickel, etc.) afin d’en modifier les propriétés. Il est utilisé dans de nombreux secteurs clés tels que le bâtiment, l’automobile, l’énergie, les infrastructures ou encore l’électroménager.
Aujourd’hui, la production d’acier repose majoritairement sur la filière dite « haut‑fourneau – convertisseur ». Le minerai de fer est transformé en fonte grâce au coke (issu du charbon), puis affiné en acier. Ce procédé est très performant sur le plan industriel, mais fortement émetteur de CO₂.
La stratégie de décarbonation d’ArcelorMittal
Afin d’atteindre les objectifs européens de neutralité carbone, Arcelormittal s’appuie sur 3 solutions :
- La circularité de l’acier : Le recyclage de l’acier sur le site de Dunkerque a doublé depuis 2022, permettant d’introduire jusqu’à 25% d’acier recyclé par tonne d’acier produite.
- Le changement de procédé : L’installation d’un four à arc électrique et d’un four de métallurgie en poche ouvre une nouvelle voie vers une production d’acier liquide plus durable et moins émettrice de CO₂. Le four à arc électrique utilisera jusqu’à 60% d’aciers recyclés.
- Le développement de la voie « Smart Carbon » : cette voie permet de travailler sur la circularité du carbone, en capturant le CO2 résiduel dans le but de le réutiliser ou le stocker. Le CO2 peut être réutilisé dans différentes industries.
Leader mondial de la sidérurgie, ArcelorMittal est engagé dans une trajectoire de décarbonation avec l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Le site de Dunkerque, l’un des plus grands complexes sidérurgiques d’Europe et l’un des principaux émetteurs industriels de CO₂ en France, joue un rôle stratégique pour atteindre cet objectif.
Le projet de production d’acier à basse émission de CO₂ à Dunkerque
Le projet vise à transformer en profondeur le site ArcelorMittal de Dunkerque par l’intégration d’une nouvelle filière de production d’acier reposant sur deux nouvelles installations :
- un four à arc électrique (EAF),
- un four de métallurgie en poche (LMF).
Contrairement aux hauts‑fourneaux traditionnels, cette technologie permet de produire de l’acier avec une empreinte carbone fortement réduite, en utilisant une proportion élevée d’acier recyclé.
Ces installations permettront de produire jusqu’à 2 millions de tonnes d’acier brut par an, en remplacement partielle de la filière convertisseur existante. Elles s’intègrent dans l’usine actuelle et fonctionneront en interaction étroite avec les équipements existants.
Le projet est piloté par ArcelorMittal France. RTE est co‑maître d’ouvrage pour la partie liée au renforcement de l’alimentation électrique du site.
Les gains environnementaux sont significatifs :
- Baisse de 27 % des émissions de CO₂ d’ici 2030 par rapport à l’empreinte actuelle du site ce qui représente environ 2,3 millions de tonnes de CO₂ évitées par an.
- Réduction de l’intensité carbone de 1,73 tonne de CO₂ par tonne d’acier aujourd’hui à 0,57 tonne en 2030 sur la filière électrique ;
- Hausse de la part d’acier recyclé jusqu’à 60 % dans le procédé EAF (contre environ 25 % aujourd’hui).
Ce projet marque une rupture technologique majeure vers une production d’acier plus propre.
Les technologies mises en œuvre
Un four à arc électrique (EAF) est un équipement industriel qui permet de fondre de l’acier recyclé et du fer pré‑réduit grâce à de puissants arcs électriques. Il substitue l’électricité au charbon comme source principale d’énergie.
Il permet :
- Une réduction importante des émissions de CO₂,
- Un taux élevé de recyclage (jusqu’à 60 %),
- Une grande flexibilité dans le choix des matières premières.
Le four envisagé à Dunkerque aura une capacité d’environ 300 tonnes d’acier liquide par coulée, avec un temps de cycle de 50 à 60 minutes.
Le maintien de deux filières de production permet d’assurer la continuité de l’activité industrielle, de répondre à l’ensemble des besoins des clients en termes de nuances d’acier et d’accompagner progressivement la transition vers des procédés de production moins émetteurs de CO₂.
De plus, une conversion complète du site vers une seule filière ne peut pas être réalisée en une seule fois, pour des raisons à la fois financières et foncières, en raison du manque d’espace disponible. La coexistence temporaire des deux filières, mise en œuvre par étapes, est donc nécessaire.
Financement et décisions d’investissement
Le projet représente un investissement d’environ 1,3 milliard d’euros, soutenu à 50 % par les certificats d’économies d’énergie (CEE). Il s’inscrit dans la stratégie globale de décarbonation du groupe ArcelorMittal. (CEE, liés aux économies d’énergie rendues possibles grâce au projet).
Ce projet n’est pas financé par les 850 M€ d’aides européennes initialement prévues pour le projet de DRI à l’hydrogène.
Calendrier du projet
Les principales étapes identifiées à ce stade sont :
- 2026 : phase d’études détaillées, dépôt du dossier d’autorisation environnementale et préparation du site ;
- 2027‑2029 : travaux et installation des nouveaux équipements ;
- 2029 : première coulée du four à arc électrique ;
- 2030 : atteinte de l’objectif de réduction de 27 % des émissions de CO₂.
Un calendrier plus détaillé sera communiqué au fur et à mesure de l’avancement du projet.
Impacts énergétiques et logistiques
La nouvelle filière repose sur une alimentation électrique très importante. Avec la mise en service du four électrique, la consommation annuelle du site sera doublée par rapport à la situation actuelle.
Pour répondre à ces besoins, le projet est développé avec RTE, en charge du raccordement au réseau électrique en 400 kV.
La mise en service du raccordement en 400 kV est envisagée dans un délai de 48 à 60 mois après l’engagement du projet. Afin de sécuriser l’alimentation électrique, une solution transitoire en 225 kV est prévue, permettant une mise en service prévue en 2029.
Le projet modifiera l’organisation des transports. Les arrivées de minerais et de charbon diminueront, remplacées en partie par des livraisons d’aciers recyclés et de fer pré-réduit.
Ces matériaux seront acheminés par des navires de plus petite taille, puis transportés par camion depuis le quai jusqu’aux installations.
Au final, le trafic de navires et de camions augmentera légèrement, mais restera maîtrisé et concentré autour du quai de déchargement des aciers recyclés.
Environnement et cadre de vie
Le projet s’inscrit dans une démarche globale de réduction des impacts environnementaux. Le passage d’une partie de la production de la voie haut-fourneau vers une aciérie électrique permettra de réduire significativement les émissions dans l’atmosphère.
ArcelorMittal mettra en œuvre des mesures ciblées portant sur la qualité de l’air, la gestion de l’eau, la préservation de la biodiversité et la maîtrise du bruit, afin de garantir le respect des exigences réglementaires et de limiter les impacts pour l’environnement et les riverains.
Emploi, compétences et territoire
En raison de la fermeture à terme du haut fourneau n°3, en lien avec la montée en puissance progressive de la nouvelle filière, probablement en 2030…
Il y aura un impact limité et maîtrisé sur l’emploi direct et indirect du site de Dunkerque qui fait l’objet d’un travail spécifique afin d’assurer l’accompagnement de cette transition.
Ce sujet est et sera abordé de manière régulière dans le cadre du dialogue social, avec des échanges suivis avec les organisations syndicales et les instances représentatives du personnel.
Le processus d’approvisionnement pour les principaux contrats de construction a débuté en juin 2026, en amont d’une phase de construction prévue entre 2027 et 2028.
L’attribution des contrats reposera exclusivement sur des critères objectifs et rigoureux, notamment l’expertise technique, les exigences en matière de sécurité, la capacité à mener à bien un projet industriel de cette envergure ainsi que la compétitivité. Seules les entreprises disposant des qualifications requises seront ainsi retenues.
ArcelorMittal a réalisé une présélection sur la base de sa connaissance du marché. Parmi les quelque 150 entreprises identifiées comme susceptibles de contribuer au projet, 40 % sont implantées en France et 30 % sont situées dans les Hauts-de-France, ce qui démontre la capacité de l’écosystème économique local à répondre aux exigences industrielles du projet.
La phase de construction mobilisera plusieurs centaines d’entreprises et un large éventail de métiers et de spécialités. Au plus fort de l’activité, le chantier pourrait accueillir simultanément jusqu’à 2 000 intervenants extérieurs, générant plusieurs centaines d’emplois directs temporaires.
ArcelorMittal s’engage à garantir un accès ouvert et transparent aux procédures d’achats, tout en structurant les lots de travaux de manière à permettre à des entreprises de différentes tailles de participer, dans le respect des exigences industrielles, environnementales et de sécurité.
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La concertation continue
Garantir une information complète pendant la phase intermédiaire, entre la phase « amont » (concertation préalable) et la phase « aval » (enquête publique).
Poursuivre le dialogue, transmettre une information régulière sur le projet et mettre en œuvre les engagements pris par ArcelorMittal France.
Produire des études d’impact environnementales accompagnées de résumés non techniques, lisibles, ciblés sur les principaux enjeux et facilement compréhensibles par le grand public.
La garante de la CNDP nommée, Madame Anne-Marie ROYAL, poursuivra sa mission d’accompagnement jusqu’à l’ouverture de l’enquête publique conformément au code de l’environnement.





